Lorsque l'on creuse un peu le domaine des vélomobiles, on repère assez vite des similitudes d'architecture frappantes entre la plupart des modèles: une roue arrière motrice, 2 roues avant directrices, une bôme en tube carré sur laquelle le pédalier vient se monter, une coque en composite...

Fort heureusement pour l'avancement de la connaissance, certains constructeurs tentent de s'écarter de ce "standard" et explorent d'autres solutions.

Ainsi le Velayo, qu'il était possible de tester durant le Spezi, est comme l'écrasante majorité des vélomobiles, doté de 3 roues et d'une coque en composite. Les similitudes, cependant, s’arrêtent là.

En effet, ses concepteurs ont fait le choix de rendre les 2 roues avant motrices (ce qui permet d'éviter les très longues chaînes qui sont le lot commun des vélo couchés), et la roue arrière directrice.

Ils se sont également fortement écartés des canon habituels en matière de design, aboutissant à un engin nettement plus volumineux que ses concurrents:

Concernant l'aspect, je n'accroche guère personnellement, mais à chacun son opinion en la matière.

Passons donc à l'essai. La première difficulté arrive très vite: malgré la taille, l'accès est un numéro de gymnastique complexe:

On ne peut poser les pieds que sur les tubes du châssis. Il faut donc poser un premier pied sur la barre centrale (sans écraser le compteur), puis en se tenant comme on peut vers l'arrière, amener le second, tourner d'un quart de tour en se posant sur les tubes latéraux ou par terre pour finir par s’asseoir... et pire encore pour en ressortir. Bref, Quest n'est pas réputé particulièrement accessible (quoiqu'avec l'habitude on n'y pense plus), mais il n'a rien à craindre sur ce point-là.

Une fois installé, les premiers tours de roue, à très faible vitesse vu l'affluence, se font sans soucis. Pour franchir le "portail" donnant sur la rue, une première difficulté se présente: la direction arrière impose de bien s'aligner à l'avance, les corrections de dernière minute étant inefficaces.

Une fois l'horizon dégagé, la direction continue à laisser perplexe: la perception est "différente" (on commence par sentir un mouvement du coté opposé à celui où l'on cherche à aller), et mon trajet ressemblait bien plus à une ligne brisée déviant successivement à droite et à gauche qu'à une ligne droite.

Enfin, lors qu’arrive le temps du demi-tour, on prend conscience de la surface conséquente balayée par l'arrière à l'extérieur de l'emprise des roues avant.

Bref, à l'issue de l'essai je suis dubitatif sur ces innovations; après tout l'architecture traditionnelle utilisée par les autre vélomobiles a fait ses preuves.

Peut-être un capitaine au long cours pourrait être séduit de trouver sur terre un véhicule lui rappelant la navigation?